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Guy Lespinay, o.p.

Guy Lespinay, o.p.
raconte les premiers moments
de l'histoire du Centre étudiant.

(photo : CÉBL)

Né de la vie

Maison blancheLe projet du Centre étudiant la Maison-Blanche est né de la vie, à partir de besoins ressentis tant par les animateurs de pastorale de l'Université de Montréal que par des étudiants-es désireux de se regrouper entre eux.

     Un jour que je bénissais les fiançailles de deux étudiants, les parents voulurent me remercier en me faisant cadeau de 50$. J'ai refusé en disant que j'étais rémunéré par l'Université pour être au service des étudiants. Alors ils me dirent: « Servez-vous en pour vos oeuvres. » De retour à mon bureau, je me posai la question: « C'est quoi, mes oeuvres?... Je n'en ai pas! » Alors j'ai prié le Seigneur: « Si tu veux quelque chose, inspire-moi quoi faire. » Et je mis discrètement le billet de 50$ dans un tiroir de mon bureau. Un peu plus tard, je m'aperçu que je n'avais que deux vieilles chaises de bois pour accueillir mes visiteurs. De plus en plus les étudiants venaient me voir pour causer et discuter.

     En 1985, quelques étudiants manifestèrent le désir de se rencontrer pour réfléchir ensemble et éventuellement former un groupe assidu en quête de sens à leur vie. Le groupe « Parfoi » était né! À quatre ou cinq, on peut se réunir chez l'un ou l'autre... Mais une fois le groupe constitué, où se réunir? Dans une classe, dans un amphithéâtre, dans un corridor? Alors les animateurs ont conçu un plan: un centre, une maison constituée sur le modèle des centres Newman américains. Depuis, nous avons fait du chemin!

Les premiers amours

     Deux petites salles, une cuisinette et une salle à manger allaient se libérer au 2765 chemin de la Côte Sainte-Catherine. Avec l'accord des animateurs, l'encouragement des Dominicains du Couvent Saint-Albert-le-Grand et des instances universitaires, nous prenions possession des locaux le premier août 1986. Mais où prendre l'argent pour subvenir aux besoins du Centre? C'est alors que tous se sont donné la main pour trouver des fonds. Le budget du Service de pastorale de l'Université, des dons provenant d'animateurs de pastorale, d'amis, de parents, ont constitué le premier volet de ce qui deviendra le fonds Newman. Le Centre ouvrit ses portes le premier septembre 1986, doté d'un fonds modeste de 7000$.

De plus en plus nombreux

Le groupe Parfoi fut le premier à se réunir dans cette nouvelle demeure. De septembre à décembre, la maison a accueilli 1055 personnes. Assoiffés de chaleur humaine et de valeurs spirituelles, des groupes, des individus s'y sont donné rendez-vous pour fraterniser, cueillir le conseil d'un ami, partager leurs questions et leur dynamisme, entendre la Parole de Dieu, le prier ensemble ou tout simplement faire la lecture d'un livre puisé sur les rayons de notre bibliothèque qui, à ce moment-là, ne comptait qu'une trentaine de volumes. Le 30 novembre 1988, deux ans à peine après son ouverture, près de 9600 personnes étaient passées par le Centre. Aujourd'hui, c'est sont près de 10 000 personnes par année qui y passent.

De quelques salles à toute une maison

     Petit à petit la fréquentation du Centre augmentait et suscitait l'intérêt des membres de la famille dominicaine: frères, soeurs et laïcs se sont donné la main pour contribuer financièrement à cette oeuvre d'éducation de la foi. Assez tôt une première crise de logement se présenta. Il y en aura bien d'autres. Nous ne pouvions accueillir plus d'un groupe à la fois. À l'été 1987, nous demandions aux Dominicains de louer le premier étage de la maison et en décembre de la même année, nous prenions possession de toute la maison. Une campagne de souscription auprès des communautés religieuses draina l'argent nécessaire pour assumer un loyer plus coûteux sans compter que l'affluence des utilisateurs nous imposait des coûts d'opération plus élevés. De nombreux bienfaiteurs manifestèrent leur soutien par des dons de toutes sortes: argent, meubles, objets décoratifs, peintures, etc. Puis ce furent des membres du clergé qui voulurent soutenir le Centre par leur générosité.

Un travail en Église

     De toute évidence, le Centre étudiant est le résultat d'une collaboration et non pas l'oeuvre d'une seule personne. Nous avons voulu en faire une mission d'Église où plusieurs intervenants pourraient y collaborer. Le 6 septembre 1988, le comité de gestion du Centre approuva les nouveaux statuts. L'oeuvre serait constituée en société sans but lucratif et son conseil d'administration serait composé des principaux intervenants institutionnels dans le dossier et de quelques autres membres. La mission du Centre devenait un travail de collaboration entre l'archidiocèse de Montréal, le Service de pastorale de l'Université de Montréal et la famille dominicaine (frères et soeurs). La société a été officiellement reconnue par lettres patentes en date du 10 mars 1989.

Vers l'avenir

     Maintenant que les structures sont en place, il reste à continuer le travail déjà commencé pour rendre le meilleur service possible à la communauté universitaire en accord avec les objectifs du Centre. À mesure que nous découvrons de nouveaux besoins, à nous d'y répondre au meilleur de nos capacités, laissant l'évolution suivre son cours. Sur le plan matériel, nous envisageons des dépenses de l'ordre de 300 000 à 350 000 $ pour les rénovations de la maison. Déjà le travail est commencé grâce à de généreux bienfaiteurs. Beaucoup reste à faire, mais nous avons confiance en l'avenir. Une saine administration libère les énergies nécessaires pour être à l'écoute des besoins des jeunes que nous voulons accompagner dans leur cheminement humain et spirituel.

Guy Lespinay, o.p.

 

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Centre étudiant Benoît-Lacroix
2715, ch. Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B6
téléphone : (514) 341-4817 • courriel :

www.cebl.org • 28 août 2001