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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 131 (2008). |
Et s’il y avait référendum…14 septembre 2008 « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.» (v. 16)
L’évangile de Jean semble vouloir répondre à cette question en présentant la croix comme un compte rendu de l’amour de Dieu. «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique» (v. 16) écrira-t-il. Mais ne nous y trompons pas. Dieu n’est pas le bourreau de son Fils; il ne l’a pas envoyé souffrir et mourir dans l’ignominie. Quel père digne de ce nom pourrait agir ainsi? Dieu a envoyé son Fils pour révéler son grand amour à l’humanité, particulièrement aux personnes ayant davantage besoin d’être promises au bonheur. Et Jésus a accepté cette mission de réaliser le projet d’amour du Père. Il a consacré toute sa vie à cette mission et c’est pour y être fidèle qu’il a accepté d’aller jusqu’au bout. En le crucifiant, on lui a volé sa vie et on lui a volé sa mort. Sa vie, parce qu’elle était si prometteuse pour ouvrir un sens à la vie du monde; sa mort, parce que prophète, c’est à la lapidation qu’il aurait pu tout au plus s’attendre. Mais, on l’a crucifié. Et par amour de l’humanité, il a consenti à cette mort. Nous sommes appelés à croire en ce Jésus crucifié et glorifié et à obtenir ainsi la vie éternelle (v. 15). Qu’est-ce à dire dans notre aujourd’hui? Croire en lui, c’est, bien sûr, reconnaître son grand amour. Mais, c’est aussi aimer à sa manière. La croix est toujours un compte rendu de l’amour. Elle l’a été pour Jésus. Elle l’est aussi pour nous. La part de mission qui nous est confiée par le Crucifié glorifié qui prend entre ses bras ouverts tous les humains, toute la création, nous pouvons l’assumer et nous pouvons aussi la refuser. Nous participons d’une certaine manière à un référendum: voulons-nous accepter, oui ou non, malgré les souffrances que cela saura bien nous imposer, de donner notre vie par amour de Dieu et de nos sœurs et frères en humanité? Voulons-nous, oui ou non, marcher à la trace des pas de Jésus en allant vers les pauvres, vers les malades, vers les personnes esseulées, vers celles qui cherchent un sens à leur vie, vers des gens qui ont besoin de nous? Voulons-nous, oui ou non, partager comme lui, servir comme lui, pardonner comme lui?... Pas d’ambiguïté dans cette question. Y répondre oui, c’est accepter de porter sa croix. C’est parfois même accepter d’y être attaché. On pourrait penser alors que réduits à ne pouvoir plus agir, notre vie devient inutile. Et pourtant, contemplant celui qui est mort en croix, nous pouvons penser qu’il n’y a pas de moments où il a davantage agi. C’est peut-être ainsi qu’il nous faut comprendre la dernière parole mise dans la bouche de Jésus par Jean: «Tout est consommé» (Jean 19, 30). La mort en croix est le sommet de la mission de Jésus. Et parce que sa mission est totalement accomplie, Dieu se fait solidaire de lui en le ressuscitant. Voilà pourquoi de scandaleuse qu’elle pourrait être, la croix devient pour nous glorieuse. Certes, il n’est pas facile de répondre, sans naïveté aucune, un oui franc à cette question qui implique, si nous votons oui, l’engagement de toute notre vie. Mais dressée devant nous la croix de Jésus n’est-elle pas alors notre unique espérance? Denise LAMARCHE
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