|
|
||
|
|
|
|
Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 130 (2008). |
La sagesse d’attendre20 juillet 2008 « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine jusqu’à ce que toute pâte ait levé» (v. 33) Une des caractéristiques de la culture contemporaine dans le monde occidental est que nous vivons dans une société de consommation où nous pensons satisfaire tous nos besoins sans attendre. Nous vivons dans l’immédiat, le tout de suite, le demain c’est trop tard! Nous avons la mèche courte aux feux de circulation, aux caisses des supermarchés, partout dans la vie quotidienne. Tout va tellement vite qu’on a perdu l’habitude de s’arrêter, de savourer le temps qui passe, de cultiver le long désir! Alors, la patience pour attendre, pour prendre son temps, pour laisser agir la nature, pour faire confiance en la vie, on repassera. À l’époque où les évangiles ont été écrits, les premiers chrétiens croyaient en l’imminence du Jour du Seigneur. Se souvenant de ces paraboles, les disciples de Jésus, alors comme aujourd’hui, sont invités à la patience, mais pas n’importe laquelle patience: la patience dans la confiance. On n’attend pas parce qu’il ne se passe rien. On n’attend pas parce qu’il n’y a pas moyen de faire autrement, en se résignant ou en démissionnant. On attend dans la confiance que le Royaume progresse dans le monde, même si parfois on a peine à en discerner les signes. On attend, sûr de la présence de Dieu, qui demeure celui qui fait pousser le bon blé, lever la pâte ou croître l’arbre à partir de la petite graine. On attend aussi en faisant sa part. Comme la femme qui place le levain dans la pâte, pour que le Royaume progresse, Dieu compte sur nous. Malgré la pauvreté de nos moyens, malgré l’inconstance de nos efforts, malgré nos impatiences devant le peu de résultats obtenus, le Royaume de Dieu progresse. Peut-être que souvent ce n’est pas à la mesure de nos attentes, ou à la satisfaction de nos désirs. Dieu, par son Esprit est parfois étonnant. Il est le maître de l’inattendu. Avec la sagesse d’attendre, nous, les disciples de Jésus, avons à développer la juste mesure de nos interventions dans l’humilité et la confiance, mais encore la lucidité pour accueillir les merveilles de Dieu, que nous avions non seulement pas prévues et programmées, mais même pas espérées. Gabriel GINGRAS
|
|
| activités | calendrier | centre | documents | nouveautés | Présence
Magazine © 2008 www.cebl.org juin 2008
|
||