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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 131 (2008).

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Dieu embauche

21 septembre 2008
Année A : 25 e dimanche du temps ordinaire
Matthieu 20 , 1-16 a

« Le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.» (v. 1)


Une histoire d’injustice choquante: les ouvriers de la première heure payés à un juste prix, et les autres qui ont travaillé moins, payés autant. Voilà de quoi loger un grief et une belle cause à plaider au tribunal du travail! Mais la parabole n’a pas pour but de donner un enseignement de justice sociale ou d’équité salariale, mais bien de démontrer que Dieu est bon, et que sa bonté n’a rien à voir avec les critères humains. Une clef de la parabole pourrait se trouver au verset 15 quand le maître de la vigne répond à l’ouvrier insatisfait: «Vas-tu regarder avec un œil mauvais, parce que moi je suis bon?»

Le Dieu de l’évangile est un Dieu bon, lent à la colère, plein d’amour et de miséricorde: voilà la révélation à laquelle on ne s’habitue jamais. Il y a dans ce Dieu révélé par Jésus Christ un visage de bonté qui dépasse tout entendement et toute expérience humaine. Dieu n’aime pas comme un homme, il aime comme Dieu.

La parabole nous montre aussi le visage d’un Dieu qui fait assez confiance à l’humanité pour embaucher, pour faire appel aux ressources humaines, tout au long du parcours personnel de chaque humain, quels que soient ses talents, et peu importe son niveau d’évolution. Dieu embauche à toute époque, aujourd’hui comme hier. Dieu embauche sans jury de sélection: dans son chantier, il y a de l’ouvrage pour tous et toutes. Dieu veut avoir besoin de nous.

Il fait des baptisés, des coopérateurs à son œuvre de salut pour le monde. Il a besoin de toutes les bonnes volontés, de toutes les ressources pour que son Église soit davantage signifiante c’est-à-dire instrument et signe de salut.

L’invitation divine est un appel sans cesse répété à la conversion et à l’engagement à la suite de Jésus. Répondre à l’invitation de Jésus, c’est poursuivre une opération de croissance personnelle dans la pratique des attitudes évangéliques et c’est également développer une conscience libératrice qui fait des chrétiens et chrétiennes des gens préoccupés du bien-être de leurs frères et sœurs, des gens engagés dans des projets de transformation du monde, des gens conscientisés aux injustices, à l’exploitation et au mal de vivre de tant de leurs concitoyens.

C’est amusant de constater que cette parabole n’est pas un enseignement sur la justice sociale, mais puisqu’elle révèle un Dieu bon qui invite à travailler à sa vigne, elle nous amène quand même sur le terrain de la justice sociale. Car lorsque Dieu embauche, ce n’est pas seulement pour la sanctification personnelle de ses ouvriers, mais encore pour l’engagement de ses coopérateurs à rendre le monde plus beau et les gens plus heureux.

Dans ce chantier quelle est la juste rémunération?  Serait-ce la fierté d’être associé au projet de salut de l’humanité? Serait-ce la satisfaction de collaborer au plan divin? Serait-ce le bonheur d’être utile ou de poser sa pierre dans la plus grande entreprise de l’humanité? Pourquoi pas?

Gabriel GINGRAS
Charny

 

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