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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 131 (2008). |
Dieu embauche28 septembre 2008 « Que pensez-vous de ceci? Un homme avait deux fils …» (v. 28)
Évidemment, en pratique, nous ne répondons pas à plusieurs de ces demandes. Ou alors nous répondons oui par habitude, pour faire plaisir, ou parce que vraiment nous prévoyons nous engager. Ou encore nous répondons non, sans trop y penser, ou pour calmer notre thérapeute intérieur qui a bien insisté sur l’affirmation de notre autonomie. De plus, quelque résidu de bon sens nous porte à admettre qu’il n’est pas possible dans le temps de répondre à toutes ces demandes. Un choix doit être fait, distinguant l’important de l’urgent. Mais ensuite, que faire? Si le temps est notre bien le plus précieux, sa gestion demeure une tâche impossible, incessante, qui de plus nous prend de ce temps si précieux! Le deuxième fils répond oui à la demande du père. Nous le comprenons: c’est ce que nous faisons si souvent, et sincèrement. Mais voilà que tout un ensemble de circonstances l’ont empêché de se rendre à la vigne: la circulation était bloquée, il a été invité soudainement à un festin d’agneau, il voulait rencontrer la blonde de son frère, on annonce une tempête… Et puis, son père n’a pas vraiment besoin de lui. Et cette vigne n’est pas si urgente que cela; elle est importante, sûrement, mais l’important peut toujours attendre. La parabole est encadrée par deux questions de Jésus (v. 28.31), qui s’adresse directement à ses auditeurs: Que pensez-vous de ceci? Qui a fait la volonté du Père? Il ne s’agit pas seulement d’entendre la parabole; elle aussi sollicite une réponse personnelle. Les auditeurs donnent d’ailleurs la bonne réponse, même si cela ne suffit pas. Puis (v. 31) Jésus fait une application de la parabole à la situation et aux personnes du milieu ambiant; cette petite histoire se passe aujourd’hui. Enfin (v. 32), il explicite sa réflexion. Or les auditeurs de Jésus sont ici les grands-prêtres et les anciens, des personnages impressionnants et puissants. Ils font partie de la parabole: ils sont comme le deuxième fils, celui du oui qui n’agit pas, alors que les publicains et prostituées, figures sociales marginales, sont comme le premier fils, celui du non qui s’engage. Les questions de Jésus s’adressent aussi à nous. Nous pouvons poursuivre l’actualisation de cette parabole. Elle peut au moins nous inviter à réfléchir sur nos listes de demandes, auxquelles nous avons dit oui ou non, qu’importe. Parmi celles-ci, laquelle actuellement requiert de ma part une réponse active, parce que des enjeux cruciaux y sont présents, auxquels je tiens ou que je veux approfondir? Malgré son apparence ordinaire, laquelle de ces sollicitations vient toucher ma mission personnelle, me demande une sorte de conversion et de croire à la Parole? Évidemment, une fois cette priorité identifiée avec justesse, il me reste encore à faire… Daniel CADRIN |
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