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Dieu s’installe à demeure21 décembre 2008 « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.» (v. 30-32) On peut habiter une maison ou louer un appartement, sans vraiment s’y installer de façon permanente ou sans s’y sentir vraiment chez soi. Parfois l’on dit: c’est en attendant quelque chose de plus approprié; c’est juste pour un temps, ou je n’ai pas fini de m’installer. Mais si l’on dit plutôt avec fierté, c’est ma maison, c’est ici que je veux rester longtemps, alors, c’est tout à fait différent: je m’installe à demeure. Dans ce plan de salut de l’humanité, Dieu se choisit des instruments, et plus particulièrement Marie. Elle est la privilégiée de Dieu, la comblée-de-grâces, l’objet d’une faveur particulière. En elle, Dieu se donne gratuitement. Nous sommes au cœur du mystère de l’Incarnation: Dieu habite notre terre, Dieu s’installe à demeure. Avec Marie nous pouvons dire: «Le Seigneur fit pour moi des merveilles.»Serait-il osé de reprendre à notre compte le Magnificat? En effet, le Temple de Dieu, la demeure de Dieu, ce n’est plus la crèche de Bethléem, c’est l’Église, Corps du Christ. La maison de Dieu est édifiée avec les pierres vivantes que sont les disciples du ressuscité. Alors nous sommes nous aussi, les privilégiés de Dieu: l’Esprit Saint habite en nous. Le laissons-nous assez nous transformer pour que nous aussi puissions porter le Christ au monde, malgré la pauvreté de nos moyens? Dans une session de formation pastorale, l’animateur demandait aux participants de rédiger en regard de chaque strophe du Magnificat une formulation actualisant de façon personnelle les merveilles de Dieu. Certains parvenaient difficilement à le faire, se sentant indignes de se mettre à la place de Marie. Effectivement, ce n’est pas rien de réaliser que nous sommes temples de l’Esprit Saint, que nous sommes membres du Corps où circule la vie de l’Esprit, que nous sommes pierres vivantes de l’édifice spirituel dont le Christ est la pierre angulaire. Mais, cette dignité n’est pas le résultat de nos mérites personnels, c’est le don de Dieu: un cadeau, gratuit. Comme Marie, nous avons à développer l’attitude de l’accueil de cette gratuité qui nous bouleverse, et non la prétention du salut que l’on mériterait. Le temps de Noël nous invite à cet émerveillement devant le plan de salut de Dieu: Dieu-avec-nous, l’Emmanuel, Dieu qui se fait proche, l’un des nôtres. Mais puisse-t-il nous inviter également à devenir davantage signes d’un Dieu solidaire des petits et des pauvres, de ceux qui ont faim de Lui, alors qu’il renvoie les riches les mains vides. Le partage véritable du temps des Fêtes, au nom de Jésus, exige plus qu’une contribution à une campagne de paniers de Noël, il appelle au don de soi-même. C’est alors que nous devenons nous-mêmes un peu «crèches de Noël». Il y a quelques années, l’avant-veille de Noël, un sans-logis avait sonné à la porte du presbytère où je logeais, sollicitant un lit pour la nuit, en me disant: «Est-ce que je pourrais "crécher" chez vous?» Parfois, il y a plus de place dans nos locaux, que dans nos cœurs, pour permettre à Dieu de s’installer chez nous, pour lui fournir une crèche! Gabriel GINGRAS |
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