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Sortir du connu…25 décembre 2008 « Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane.» (v. 3) Le texte d’Isaïe révèle une espérance qui ne se réduit pas aux limites de notre imagination. C’est la promesse de sortir du joug qui nous oppresse et des ténèbres qui nous affligent. Nous vivons toutes et tous des heures de souffrance et de grandes difficultés. Qui ne souhaite pas la délivrance de ses chaînes et celles qui retiennent l’humanité? Le texte d’Isaïe annonce que cette délivrance est d’ores et déjà à l’œuvre. La théologie chrétienne rappelle l’importance de l’ici et maintenant dans lesquels se manifeste cette Lumière qui est déjà là sans être manifestée dans toute sa plénitude. Celui qui était attendu est venu selon les Évangiles mais peu l’ont reconnu. Qu’en est-il de notre foi en cette venue? A-t-elle changé quelque chose de fondamental dans notre existence? Comment vivons-nous maintenant? Sommes-nous véritablement inspirés par Celui qui nous a laissé son Esprit et sa Lumière? Sommes-nous réellement atteints et concernés par cette venue? Pour être transformés et sortir du connu, il faut accepter de marcher sur une route qui n’apparaît pas toujours balisée d’avance. Avancer malgré les désirs de s’asseoir pour de bon et malgré l’envie de baisser les bras. C’est en acceptant de faire un pas confiant de plus vers le radicalement nouveau qu’il nous sera possible de faire l’expérience d’un itinéraire où se vivent les possibilités de dépasser nos lassitudes et nos résistances. Sur ce chemin, une Lumière nous guide parce qu’elle est salvatrice, dynamique, vivante et inspirante. Le texte d’Isaïe nous parle de «Merveilleux-Conseiller, Dieu–Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix» (v. 5). Ce sont des termes puissants qui décrivent pourquoi il n’est pas illusoire de faire confiance et surtout pourquoi il est légitime d’espérer en autant que nous acceptons de nous dépouiller de nos fardeaux quotidiens pour demeurer disponibles à ce qui advient. Dans un monde submergé par tant d’objets et d’accumulation de toutes sortes, nous renonçons avec peine à ce qui donne l’illusion de la sécurité et de la pérennité. Rappelons-nous que le «toujours plus» est voué à se détériorer et à se perdre. Laissons donc tomber notre surcharge et créons une brèche dans tout ce cumul afin de laisser respirer notre intérieur. Ouvrir notre devenir pour prendre conscience de notre avenir afin que les luttes et les périodes d’aveuglement ne freinent pas notre quête. La pertinence de cette réflexion permet de mieux saisir comment accueillir la Lumière et comment la faire grandir pour toutes et tous. Nous sommes fort loin des attitudes grandiloquentes et des courses effrénées au pouvoir. En ce temps de la Nativité, l’enfant qui est né se présente dans toute sa fragilité. Ce n’est pas un despote qui impose son règne en faisant courber l’échine pour mieux dominer. C’est au contraire un appel à l’humilité et à l’amour. Ce ne sont pas les opulences de ce monde qui nous sauvent. Celles-ci conduisent trop souvent à l’exploitation et au mépris. La Nativité est une occasion toute spéciale pour revisiter ce qui nous habite et nous anime, ce qui nous inspire à vivre de telle ou telle manière. Ce qui instaure nos valeurs profondes et notre désir de poursuivre le parcours malgré les interrogations, les embûches et les moments de doute. L’espérance de la Nativité, c’est aussi l’assurance que nous n’allons pas vers notre perte et qu’une avenue inespérée est déjà tracée. La Lumière de la Nativité nous ouvre les yeux sur la présence des autres. Nous sommes solidaires d’une même destinée avec nos limites et nos errances. Thérèse MIRON |
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