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La famille, source de vie ou de mort ?28 décembre 2008 « Et l’enfant se développait et se fortifiait, montrant beaucoup de sagesse, et l’amour débordant de Dieu était en lui. » (v. 40)
C’est dans ce contexte que je vous propose de relire le récit de l’évangile de Luc sur les parents de Jésus qui l’emmènent au temple pour compléter le rite prévu par la loi juive pour les mâles premiers-nés: 33 jours après la circoncision de l’enfant qui avait eu lieu le 8e jour de sa naissance, la mère complètera la période de purification de son sang en apportant son enfant au prêtre du temple et offrira un animal en holocauste, i.e. l’animal sera complètement brûlé en signe de don irrévocable, puis un deuxième animal sera offert en sacrifice d’expiation pour les péchés. Ainsi la femme sera purifiée. Pour un mâle premier-né, il fallait en plus le racheter avec une petite somme d’argent, car il appartenait à Dieu, depuis que Celui-ci avait massacré les premiers-nés Égyptiens pour obtenir la libération d’Israël d’Égypte. Sacrifice d’animaux, transaction financière pour ravoir son enfant, célébration d’un massacre d’enfants par Dieu. Ne seriez-vous pas mal à l’aise si vous aviez à faire ces rites? L’évangile semble présenter Marie et Joseph comme des gens traditionalistes qui se conforment à la loi religieuse, et donc contribuent peu à l’évolution de la société. Pourtant, ce qu’ils apporteront est inouï. Un jour, leur fils Jésus remettra en question les lois religieuses. Il relativisera le sabbat, pourtant le cœur de la religion juive encore aujourd’hui. Il remettra en question les rites de purification, en particulier toutes ses ablutions sur le corps. Et surtout, il prendra ses distances par rapport au Temple et de tous ces sacrifice d’animaux. Il proposera une religion du cœur. Comment le fils de Marie et Joseph a-t-il pu en arriver là? Ne dites-pas simplement qu’il était Fils de Dieu. C’est ignorer l’incarnation, c’est ignorer que Dieu a voulu assumer notre condition humaine, c’est ignorer que Jésus a dû apprendre à devenir un homme, c’est ignorer tout ce que veulent dire les mots de la fin de l’évangile d’aujourd’hui: «Et l’enfant se développait et se fortifiait, montrant beaucoup de sagesse, et l’amour débordant de Dieu était en lui.» On a guidé Jésus pour qu’il se développe. Comment a-t-il pu devenir ce qu’il est sans l’amour, la confiance et l’attention qu’il a reçu? Sa famille fut source de vie, même si cela signifiait la remise en question et la destruction en quelque sorte de son monde religieux. Le personnage Syméon résumera ce que cet enfant représente: je peux maintenant mourir en paix, pouvons-nous paraphraser, car j’ai maintenant la certitude que tout ce que j’ai espéré se réalisera, je perçois ce plan de libération que Dieu a préparé pour toutes les nations du monde. Une veuve âgée, Anne, que l’on dit prophétesse, reprendra un refrain semblable en annonçant la réhabilitation de Jérusalem, la ville du Temple. Mais avec 2000 ans de recul, qu’avons-nous à dire à Syméon et à Anne? Syméon, Anne, vous avez raison! À cause de Jésus, le monde n’a plus été le même. Pour une foule de gens, il est devenu une lumière qui a illuminé leur vie, il a introduit une nouvelle manière de regarder le monde et de déterminer ce qui est important, la foi en sa présence constante leur permet d’affronter de nombreux défis. Mais ne soyez pas surpris d’apprendre que ce Temple et tous ces rites religieux qui vous ont permis de le rencontrer se sont écroulés, et ne sont plus le lieu où faire l’expérience de sa présence. La réhabilitation du Temple s’est faite en passant à autre chose. André GILBERT |
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