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Pas de marchandage !15 mars 2009 « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. [...] Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. [...] Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. » (v. 16.19.21) Un évangile spectaculaire: Jésus doux et humble de cœur, pique une de ces colères, une sainte colère! Avec fracas, il fait le ménage dans le temple à l’étonnement des braves gens qui n’y comprennent rien. Même s’il serait tentant d’interpréter ce passage de l’évangile pour justifier nos sautes d’humeur ou encore pour interdire tout commerce de calendriers et autres objets pieux à l’arrière des églises, cet épisode de la vie de Jésus nous révèle plutôt son identité de Fils en relation avec Dieu son Père. Jésus nous enseigne qu’on n’enferme pas Dieu dans les Temples si majestueux soient-ils, pas plus qu’aujourd’hui on n’achète les faveurs de Dieu à coups de prières, de neuvaines, de lampions, de promesses, comme autrefois à coups de colombes et d’agneaux immolés en sacrifice pour plaire à Dieu, pour le mettre de son bord. Dieu ne se laisse pas acheter. Ses faveurs ne se marchandent pas. Il est amour. Il est gratuité. Il est don: «Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.» Le culte qu’on lui rend n’est pas pour «apaiser son courroux» mais bien pour accueillir son amour et se laisser transformer par la vie qu’il nous partage. Il n’est pas toujours facile de passer d’une religion de quêteux, de quémandeurs, à une religion de reconnaissance et de louange. C’est dans la confiance et l’admiration que se bâtit la relation avec Dieu et non dans le trafic d’influences. C’est ce Dieu relationnel, dont l’amour gratuit s’exprime en son Fils, que tout l’évangile révèle. Dans sa sainte colère au temple de Jérusalem, Jésus réoriente le culte sur sa personne qui manifeste Dieu et non sur les sacrifices matériels. C’est lui qui est porteur de Dieu. C’est lui qui est l’agneau de la nouvelle alliance offert en sacrifice «pour la gloire de Dieu et le salut du monde.» On pourrait également se rappeler que les chrétiens sont temples de l’Esprit-Saint. Cette dignité conférée au baptême fait d’eux des porteurs de Dieu. Le temple de Dieu c’est chacun des baptisés. «Les vendeurs du temple» ne sont pas les bénévoles qui sollicitent la générosité des paroissiens pour subvenir aux besoins de leur église et de leur communauté chrétienne. Les «vendeurs du temple» sont tous ces baptisés que nous sommes: encombrés dans nos préoccupations matérielles, parfois exploiteurs des autres dans notre égoïsme; à d’autres jours mesquins, envieux ou jaloux; et parfois même hypocrites dans nos rapports avec Dieu. C’est d’abord à l’intérieur de nous, dans nos cœurs fermés trop souvent à l’accueil des différences, au renouveau spirituel et à l’engagement au nom de Jésus, qu’il faut faire le ménage. De la même manière que le Christ purifie l’approche cultuelle du temple de Jérusalem, ainsi faut-il le laisser purifier nos intentions et nos pratiques religieuses. Nous serons peut-être surpris de nous retrouver dépouillés de certaines certitudes, appauvris dans nos requêtes, mais grandis dans notre relation avec un Dieu qui se révèle comme un Dieu de miséricorde et de gratuité. Était-ce une sainte colère? Les tables ont-elles été détériorées? Le fouet a-t-il été efficace? Questions bien futiles lorsque le Christ nous fixe sur l’essentiel: le visage de Dieu, son Père, qui se révèle à travers Lui, et qui nous invite par son Esprit à entrer dans son projet de salut gratuit. Gabriel GINGRAS |
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