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Appelés à la conversion…25 janvier 2009 « ...le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. [...] Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » (v. 15.17) Ce texte de l’Évangile de Marc pourrait être celui qu’on proclame à l’occasion du dimanche dit des vocations. Les appels, les convocations de Jésus de Nazareth s’y multiplient. Mais, à bien y penser, cet évangile convient mieux encore à un dimanche qu’on dirait de la vocation, à un dimanche de l’appel adressé à tous et à toutes. En effet, qui pourrait prétendre ne pas être appelé à la conversion? Qui n’a pas besoin de tourner davantage son cœur vers Dieu pour agir et vivre selon son grand projet d’amour pour le monde? Dès qu’on ouvre l’Évangile de Marc, on entend cet appel à la conversion. D’abord, par Jean le Baptiseur qui proclame un baptême de pénitence pour le pardon des péchés (Marc 1, 4) et qui annonce la venue du Messie (1, 7-8). Ensuite, par Jésus de Nazareth qui, lui aussi comme le Précurseur, annonce la proximité du Royaume de Dieu et convie à la conversion du cœur (1, 15). Nous sommes devant deux appels à la conversion. Appels à la fois semblables et différents. Jean baptise pendant que ceux qui reçoivent le baptême qu’il confère dans le Jourdain avouent leurs péchés (1, 5). Jésus ne baptise pas; il proclame la Bonne Nouvelle de Dieu (1, 14). Et cette Bonne Nouvelle, c’est que le Règne de Dieu est tout proche (1, 15). Voilà l’essentiel de toute la prédication de Jésus: le temps où Dieu sera reconnu et où les humains chercheront à connaître son projet et à accomplir sa volonté est tout proche. Et parce qu’il est si proche, les humains qui veulent entrer dans ce temps du Règne de Dieu doivent se convertir. Jésus les y appelle. Jésus nous y appelle. La conversion dont parle Jésus n’est pas d’abord une conversion à des lois, à des normes, à des règles, à des principes, pas même à des valeurs. Ce n’est pas, en premier lieu, une conversion morale. La conversion que propose Jésus, c’est un véritable retournement du cœur, une métanoïa. «Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle» (1, 15) dit Jésus sur les chemins de Galilée, en plein cœur du monde. Il appelle à la foi, à l’adhésion du cœur non pas à un règlement ou à un code mais, bien à la Bonne Nouvelle. Et la Bonne Nouvelle, c’est celle de l’amour infini de Dieu pour toute l’humanité qu’il incarne en sa vie, en son être. La Bonne Nouvelle, c’est, en définitive, Jésus lui-même. C’est d’ailleurs pour cela que la proclamation de l’Évangile dans nos liturgies ne se termine pas par l’invitation: «Acclamons cette parole de Dieu», mais bien par cette autre invitation: «Acclamons la Parole de Dieu.» Se convertir, c’est opter pour Dieu; c’est croire en lui; c’est accepter d’approfondir la foi qui vient gratuitement de lui; c’est vivre en communion avec lui; c’est faire de toute sa vie, une vie pour lui. Et vivre ainsi, cela appelle à des attitudes et à des comportements qui ressemblent à ceux de Jésus de Nazareth. Nous aurions tort de voir en Jésus un moralisateur. Il est plutôt un éthicien puisque c’est la vie de la personne qu’il promeut et non les lois. Tout, pour Jésus, doit être orienté à la vie et le fait de se tourner vers Dieu, le Vivant, fait s’épanouir la vie. Si, cependant, l’appel à la conversion de foi est adressé à tous et à toutes, Jésus en appelle certains à venir derrière lui (1, 17). Il invite à sa suite ceux à qui il proposera un ministère semblable au sien. Il les invite à l’accompagner dans sa mission pour les envoyer, le temps venu, annoncer eux-mêmes la Bonne Nouvelle du Royaume (voir Marc 3, 14). C’est ainsi que Simon, qui deviendra Pierre, et André son frère sont les premiers nommés par Marc à entendre cet appel particulier et à y répondre sur le champ. Puis, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, entendant le même appel, font de même (1, 20). C’est la parole même de Jésus, sa personne qui convertit, qui tourne les cœurs vers Dieu et son projet de salut de l’humanité. Et l’appel de Jésus, s’il laisse place à la liberté de répondre, n’en est pas moins pour autant impérieux. Pas de demi-mesure dans l’appel et pas de demi-mesure dans la réponse. Ni Simon, ni André, ni Jacques, ni Jean ne se sont proposés pour suivre Jésus et rassembler les humains en son nom. C’est le Christ qui a pris l’initiative de les appeler d’abord à la conversion de leur propre cœur: «Venez derrière moi…» (1, 17). Ensuite seulement, il leur confiera un ministère par lequel ils partageront sa mission: «Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes (1, 17b).» Être pêcheur d’hommes, c’est annoncer l’Évangile pour que ceux et celles qui le reçoivent s’attachent à Jésus et tournent leur cœur vers Dieu.
Denise LAMARCHE |
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