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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 135 (2009).

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L’authenticité de Jésus

1er février 2009
Année B : 4e dimanche du temps ordinaire
Marc 1, 21-28

« Et ils étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. » (v. 22)

Ce passage de l’évangile de Marc nous rappelle que Jésus enseigne d’une manière unique et inégalée. Il rejoint les gens de l’intérieur pour qu’ils puissent vivre dans l’espérance et la confiance. Jésus ne juge pas, il ne condamne pas, il connaît ce qui afflige, ce qui perturbe et ce qui redonne espoir.

On comprend pourquoi ceux et celles qui l’écoutent perçoivent en lui une approche qui se différencie des dictats, des contraintes et des inquiétudes souvent perçus à la lecture des commandements d’une tradition religieuse. Le texte de Marc ne rapporte-t-il pas que les gens présents «étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes» (v. 22).

Mais qu’est-ce que cela signifie? N’est-ce pas le témoignage d’une proximité qui ne se réfère pas à un code de lois sans âme? Enseigner avec autorité ne veut pas dire répéter sans relâche des textes prescriptifs auxquels il faut obéir sous peine de châtiment. Jésus enseigne de telle sorte que les gens veulent en savoir davantage, ils sont atteints, rejoints dans leur existence. Ils ne se sentent pas sous l’emprise de prescriptions strictes et formelles. Ils entendent l’enseignement de Jésus tel un appel à la dignité humaine, à l’amour et à l’accueil radical de ce qu’ils sont.

Ceux-ci constatent que Jésus n’exerce pas de parti pris, de mépris et de mise à l’écart. Tous et toutes sont invités à écouter, à recevoir, à partager. L’épisode rapporté dans le texte où un homme habité d’un esprit impur (v. 23) se confronte à Jésus, indique clairement que ce dernier ne l’accuse pas mais le libère de ce qui l’afflige et le martèle de l’intérieur. Jésus lui permet d’accéder sur-le-champ à une dimension toute autre. Il lui ouvre un nouveau chemin de vie.

N’est-ce pas ce que nous souhaitons lorsque nous sommes «habités» de doutes et que l’obscurité se fait dense au plus profond de notre être? Accéder enfin à la libération de tout ce poids pour vivre pleinement et sereinement? L’attitude de Jésus, sa parole et son souci de nos esclavages intérieurs créent une alternative inédite qui fait dire aux personnes en présence, qu’il enseigne avec autorité (v. 22). On pourrait ajouter, l’autorité de la confiance absolue, du pardon, de l’ouverture et de l’amour inconditionnel.

Le texte de Marc nous renvoie à nos façons d’être et de concevoir. Il nous invite à revisiter ce qui prend l’allure d’absolus et comment nous les utilisons pour écraser les autres. Ces attitudes de suffisance ferment les chemins de l’espérance. Elles maintiennent dans le mensonge des apparences. Jésus ne se laisse pas prendre au piège des illusions, pour lui, rien n’est perdu tant que la vie est à l’œuvre. Même pour l’homme possédé, l’impossible devient possible afin qu’il soit ici et maintenant libéré de ce qui le harcèle.

L’enseignement nouveau de Jésus nous invite à ne jamais abdiquer devant ce qui semble se maintenir dans l’impasse. Jésus fait autorité parce qu’il incarne sa parole. Jésus est un témoin de cohérence et d’unité.

Ce qui nous choque à l’écoute de certaines personnes, c’est précisément leur manque d’authenticité et la présence de quelque chose de faux. Les paroles énoncées ne sont pas en accord avec les comportements qui sont dévoilés. Nous percevons que quelque chose ne tourne pas rond parce que l’enseignement prodigué recèle un manque d’ouverture réelle et de vérité.

Nous avons besoin de témoins qui puissent nous redonner confiance afin de susciter la sortie de notre cynisme. Des témoins, il en existe. Si nous avons la grâce de faire l’expérience de telles rencontres, nous ressentons une transformation qui d’ores et déjà s’opère dans notre existence. Ce moment unique se vit et se transmet en toute liberté. Oui, des témoins se trouvent encore sur notre parcours mais nous sommes trop aveuglés par nos certitudes pour les reconnaître.

L’enseignement dont il est question dans le texte de Marc ne serait pas reçu avec autant d’autorité si Jésus lui-même n’était pas l’incarnation vivante de ce qu’il enseigne. Le message et le messager ne font qu’un. Pas d’ambiguïté ni de tergiversation. On peut comprendre pourquoi «sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de Galilée» (v. 28). C’est à nous de poursuivre cette route en devenant des témoins qui n’ont pas peur d’aimer, d’accueillir et de libérer.

Thérèse MIRON
Montréal

 

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