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(2009). |
Sortir des apparences qui divisent26 juillet 2009 « Appliquez-vous à conserver l’unité Nous savons à quel point l’appel à l’unité est loin d’être facile. Tant de divisions règnent parfois autour de nous et devrait-on ajouter, en nous. S’il est à ce point complexe de faire l’harmonie en soi, comment peut-on arriver à vivre la concorde avec ceux et celles qui nous entourent? Le texte d’Éphésiens nous exhorte à demeurer humbles et à nous soutenir les uns les autres dans la charité (v. 2). Il s’agit d’une recommandation qui exige parfois de relever tout un défi. Nous sommes si enclins à réagir aux différences et à percevoir l’autre comme une menace. Oui, en effet, il faut de l’humilité pour reconnaître que nous ne sommes pas supérieurs ou mieux que les autres. Nous faisons partie du même embarquement en cette vie avec tout ce que cela comporte. Si la foi doit devenir un signe d’unité, il ne faut pas la confondre avec homogénéité, ce qui porterait à penser que nous sommes tous identiques. Au contraire, nous avons nos caractéristiques et parfois elles sont de taille. Mais nous devons saisir de l’intérieur que ces disparités s’orientent vers un même but et une même espérance. Au-delà de ces différences qui nous choquent et parfois nous agressent, réside le cœur de l’être humain qui nous ramène à nos ressemblances et à notre destin commun. Ne faisons-nous pas l’expérience de cette unité lorsque, dans certaines occasions, se produisent des rassemblements de gens différents mais qui partagent les mêmes élans du cœur? Que ce soit en temps de crise ou lors de rencontres conviviales, n’avons-nous pas cette nette intuition que nous formons «un» avec l’événement que nous célébrons.Dès que notre individualité veut prendre toute la place au détriment de l’expérience des autres, nous ressentons cette tension issue de la division et de la fermeture. Comme si chacun et chacune allaient son chemin sans tenir compte de la présence d’autrui. Nous agissons comme si nous étions seul(e)s au monde et nous perdons le sens de la fraternité, du partage et de la reconnaissance plénière de l’autre. Percevoir l’autre au-delà de ses différences demeure une attitude qui bouleverse l’ensemble de nos perceptions et de nos préjugés. Nous jugeons sans connaître ce qui habite notre semblable et nous légitimons nos attitudes sur cette ignorance et sur cette méconnaissance. Combien de fois avons-nous fermé la porte de notre cœur avant même d’avoir pris le temps de découvrir ce que l’autre désirait nous confier et partager?Les apparences sont souvent trompeuses. Nous le savons pourtant mais nous sommes souvent aux prises avec le monde des illusions qui empêche de découvrir en profondeur l’expérience de celui ou de celle que nous appréhendons et craignons. À titre d’exemple, écoutons ce que dit France Paradis au sujet de l’histoire du père André Patry lorsqu’il était aumônier de prison: «André dit souvent que les gars en prison l’ont évangélisé. C’est parce que l’homme qu’il est accepte de se laisser toucher et bouleverser par la vie. Il est prêt à se laisser remettre en question et transformer par les hommes et les femmes qu’il croise. Et cette ouverture du cœur transforme le prêtre et en fait un homme de Dieu. Ce n’est ni facile ni sans douleur de garder ainsi le cœur ouvert. André en a payé largement le prix. Mais c’est la seule chose qui nous garde vivants, finalement: notre lien aux autres» (France Paradis, 38 ans derrière les barreaux, Novalis, 2008, p. 115).Il s’agit peut-être d’une situation extrême, mais elle demeure porteuse de sens. Là où tout pourrait susciter la division sinon la haine, le père André Patry a maintenu son cœur disponible et accueillant. Et c’est à ce prix qu’il fait l’expérience de l’évangile et de l’œuvre de la Parole de Dieu. Dans l’univers des prisons, il est possible que l’Esprit fasse son œuvre… malgré les divisions que suscitent les apparences. C’est maintenant à nous qu’est lancé cet appel. Lorsque nous sommes absorbés par les divisions, les ruptures et les guerres, nous ne voyons plus les lieux tangibles où s’exerce encore cette unité fraternelle et si fondamentale pour l’expérience de la foi et de l’espérance. Le texte d’Éphésiens nous rappelle ceci: «Appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix» (v. 3). En effet, la paix est un signe qui témoigne de cette unité qui peut enfin traverser nos frontières intérieures. Cette paix qui rappelle que rien n’est impossible lorsque nous demeurons unifié(e)s malgré tout. C’est une tâche importante à reprendre à tous les jours avec patience et confiance, mais quel bonheur inégalé lorsque nous y arrivons. Thérèse MIRON |
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