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Heureux de croire19 avril 2009 « Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. » (v. 19 et 26) Les portes de la maison sont barrées. Les disciples ont peur. Ils sont enfermés, ensemble, désemparés et confus. Jésus est mort en croix. Le tombeau où il a été déposé est pourtant vide. Pierre y a couru, avec un autre plus rapide; ils ont trouvé des bandelettes puis sont revenus. Il y a aussi cette disciple, Marie, qui a annoncé aux autres que Jésus est vivant, qu’elle l’a rencontré au jardin. Alors, qu’est-ce que tout cela signifie? C’est le premier jour de la semaine. Les disciples sont rassemblés. Et voici que Jésus vient parmi eux. Même si les portes sont barrées. Il leur souhaite la paix. C’est bien le même Jésus qu’ils ont connu et aimé. Ses mains et son côté en témoignent. Mais en même temps, ce n’est plus tout à fait le même. C’est le premier jour de la semaine, à nouveau. Et les disciples sont ensemble dans la maison, portes barrées. La même scène est reprise: Jésus se fait présent au milieu d’eux et leur souhaite la paix. Tout cela à cause du retardataire, Thomas, qui a manqué la première rencontre et qui, en plus, n’y croit pas, car il n’était pas là. Il n’a pas pu faire sa vérification personnelle et empirique: voir et toucher, pour affirmer ce qui est supposément réel, c’est-à-dire ce qui se voit et se touche par soi-même. Il ne peut se fier à la parole des autres. Maintenant, Thomas voit par lui-même: c’est bien le même Jésus qu’il a connu et aimé. Il montre ses mains et son côté, signes de la croix. Mais ce n’est plus tout à fait le même Jésus. Il n’est plus nécessaire de toucher. Marie, celle du jardin, le sait déjà. Alors Thomas répond autrement, par une parole, celle de la confession croyante, éminemment personnelle: mon Seigneur et mon Dieu. Thomas entre à son tour dans la transformation: il devient croyant. On dit même qu’il ira témoigner jusqu’aux Indes. Mais comment y croire, à mon tour, si je n’ai pas fait l’expérience du Souffle et des signes? Moi du 21e siècle qui ai été formé, formaté, encore plus que Thomas, à ne reconnaître comme réel que ce qui est visible, palpable, vérifiable. Mais moi aussi qui sais la valeur d’une expérience personnelle et qui suis capable de briser les moulages reçus pour me fier à d’autres voix que celles de la conformité. En quel jardin suis-je attendu? Quels signes de bonté, de fraternité, d’espérance, m’offre déjà le don d’une paix et d’une joie où je devine une présence? En quel rassemblement se tient déjà Celui qui peut déverrouiller mon cœur et m’offrir un bonheur? En ce premier jour de la semaine, je suis prêt à répondre, personnellement. Pour partir à mon tour, envoyé, comme Pierre jusqu’à Rome, au cœur de l’Empire, comme Marie jusqu’en Provence, avec son cher Maximin, comme Thomas, par-delà les frontières des cultures. À mon tour, porté par un Souffle et heureux de croire. Daniel CADRIN |
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