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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 138

(2009).

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La fin serait-elle comme le début ?

7 juin 2009
Année B :Dimanche de la Sainte Trinité
Matthieu 28,16-20

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (v. 18-20)

Voici que les onze disciples se retrouvent en Galilée, à la montagne où le Ressuscité «leur avait ordonné de se rendre» (Matthieu 28, 16). Montagne qui n’est pas nommée comme il arrive souvent dans l’évangile de Matthieu. C’était le cas au début du même évangile alors qu’au désert, Satan avait transporté Jésus sur une montagne lui ordonnant de se jeter en bas, question d’obtenir une intervention divine exceptionnelle (voir Matthieu 4, 6).

La montagne est un lieu biblique de la rencontre de Dieu. Au début de l’évangile, lors de sa triple tentation au désert, Jésus vivait une véritable rencontre de son Père, une communion telle avec lui qu’il en était venu à opter définitivement pour accomplir la mission qui lui était confiée malgré toutes les épreuves et les difficultés que la poursuite de cette mission allait lui causer. Au dernier chapitre du même évangile matthéen, le Ressuscité communie à ce point au Dieu qui l’a relevé de la mort qu’il peut affirmer avoir désormais tout pouvoir auprès de ce Dieu et sur toute la terre (Matthieu 28, 18).

C’est sur cette montagne qu’on ne peut pas identifier géographiquement que Jésus rejoint ses disciples. Le même Jésus qu’ils avaient connu et suivi pendant sa vie publique mais, en même temps, un Jésus tout autre puisqu’il est maintenant ressuscité. Tellement autre que certains des disciples «eurent des doutes», n’étant pas certains de le reconnaître. Que font alors les disciples? Ils se prosternent (v. 17). Ils font exactement ce que Matthieu écrit que les Mages avaient fait en trouvant Jésus enfant. Eux aussi s’étaient prosternés devant lui pour lui rendre hommage (voir Matthieu 2, 11).

On pourrait dire que la communauté de Matthieu est une communauté de juifs convertis à Jésus ressuscité bien vivant dans son Église. Sans crainte d’errer, on peut aussi reconnaître que pour cette communauté, Jésus est le Glorifié, Dieu avec nous. Voilà pourquoi, même devant Jésus enfant, les mages se prosternent, ce que feront aussi les onze lors de l’ascension de Jésus au ciel. Mais, ces nouveaux chrétiens des années 80 à 90 croient aussi en Jésus, Messie et Juge de l’univers.

Ce Messie, ce Christ tient son pouvoir, son autorité de Dieu lui-même dont il est le Fils. Il est cet unique médiateur entre Dieu et les humains. Ce n’est pas un pouvoir abusif qu’il exerce mais celui de la compassion, de la miséricorde, de l’amour. À cause de ce pouvoir sur le cœur du Dieu dont le nom est Amour, le Ressuscité exerce sur l’humanité bénie de Dieu un jugement de salut. Il est, lui, le grand Sauvé que Dieu n’a pas abandonné sur la croix et en lui, tous les humains de bonne volonté trouvent grâce auprès de Dieu. C’est là le sens du baptême des nations dont la responsabilité est confiée aux onze. Le mot baptême signifie plongée. Le Seigneur confie à ses disciples de partir pour s’adjoindre des sœurs et des frères voulant, comme eux, marcher à la trace de ses pas. De nouveaux disciples se laissant plonger dans sa mort pour ressusciter avec lui.

La mission dont le Christ glorieux charge ses disciples est de taille. Il les envoie à toutes les nations. Quelle ouverture au monde! Il n’est question ni de couleur, ni de culture, ni de langue, ni de race. Il y a place pour toutes et pour tous dans la famille de ce Jésus. Il y a place pour toutes et pour tous dans le cœur de Dieu. C’est «au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit» (v. 19) qu’ils peuvent être baptisés, plongés dans cet océan d’amour. Et parce que plongés dans cet amour, ils pourront apprendre à garder ce que le Christ enseigne (v. 20): comment aller au Père, comment aller vers les autres qui sont enfants de ce Père et donc, tous frères et sœurs.

C’est la Trinité, amour donné, amour reçu et lien d’amour, qui préside à la vie baptismale appelée à grandir. Le Ressuscité demeure présent à ses disciples. Une présence agissante qui fortifie et rend progressivement apte à entrer dans le mystère de Dieu qu’il est venu révéler et pour lequel il est allé jusqu’au bout de sa vie, même en passant par la croix.

Denise LAMARCHE
Longueuil

 

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